11 JUILLET SAINT BENOîT Abbé Patriarche de la Société de Marie (et Patron de l’Europe) FETE Le nom de Benoît vient de benedictus, mot latin qui signifie béni. En Europe, la saint Benoît est célébrée dans la liturgie comme une Fête ; il est en effet Patron de l’Europe, à l’égal des saints Cyrille et Méthode, Brigitte de Suède, Catherine de Sienne, Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein). Dans la Société de Marie, même hors d’Europe, saint Benoît est célébré sous le rite de Fête, étant le Patriarche de la Société de Marie. En effet, dans une lettre au Souverain Pontife, du 16 septembre 1838, le Fondateur s’exprime ainsi : « Les Constitutions de la Société de Marie et celles de l’Institut des Filles de Marie développent les fins, les moyens, l’organisation personnelle et le gouvernement des deux Ordres, selon l’esprit de saint Benoît, adapté le mieux possible aux immenses besoins du siècle présent. » *** e Saint Benoît est considéré comme le Patriarche des Moines d'Occident. Selon un canon du 4 Concile de Latran (1215), les divers Ordres devaient se rattacher à l'une des grandes Règles déjà approuvées ; aussi le Père Chaminade choisit-il la Règle de saint Benoît, comme il le précisa dans une lettre à Grégoire XVI, le 16 septembre 1838. A ses premiers religieux il avait dit : « Nous sommes en quelque sorte les fils de saint Benoît ; nous sommes religieux comme eux ; nous n'en différons qu'en quelques points de la Règle » (Instructions de retraite, 1822) ; et la Mère de Trenquelléon écrivait en tête d'une de ses lettres : « Glorieux saint Benoît, protégez notre Institut, qui est un de vos enfants. » (21 mai 1825) Cela explique pourquoi, depuis 1881, les Constitutions demandaient que saint Benoît soit célébré de façon spéciale dans la Société de Marie. A partir de 1921, la Société reçut le droit de célébrer saint Benoît sous le rite de Double de Seconde classe, en employant un Office propre, provenant d'une des nombreuses familles bénédictines. Maintenant, nous le célébrons sous le rite de Fête, avec les textes communs à l'Eglise Universelle. La Messe se trouve donc au Missel et au Lectionnaire... Né en Ombrie, Benoît fut d'abord étudiant à Rome avant d'aller se retirer durant trois ans dans la solitude de Subiaco. Après ces trois années de retraite, il tenta son premier essai de vie monastique commune ; ce fut un échec. Il réalisera au Mont Cassin son dessein de mettre la vie religieuse à la portée de tous, en mariant à l'esprit e des Béatitudes le sens romain de l'ordre. Il mourut au milieu du VI siècle. Vers 672, sous la menace des Barbares, les moines emportèrent son corps à Saint-Benoît sur Loire. Les fondations bénédictines furent, au Moyen Age, un puissant facteur de civilisation et d'évangélisation pour tout l'Occident. En 1964, Paul VI déclara saint Benoît Patron de l'Europe ; sa fête fut fixée au 11 juillet. Voici deux traits essentiels à la vie religieuse selon saint Benoît : 1) à celui qui se présente au monastère, on demande d'abord « si vraiment il cherche Dieu. » 2) La vie commune est une condition essentielle de cette vie religieuse, d'abord parce que la recherche de Dieu et la « sequela Christi » supposent un soutien fraternel ainsi qu'un milieu imprégné de ces inspirations, ensuite parce que le but de la vie religieuse, comme de toute Les textes de la Messe sont ceux du Missel Romain ; seule la Préface a été prise au Propre des Bénédictins. Plusieurs des textes de cette célébration sont des citations explicites ou implicites de paroles de saint Benoît ; par exemple : sans rien préférer à ton amour – en ne cherchant que toi, (Collecte, Prière sur les offrandes, Préface). De même, deux devises bénédictines se retrouvent dans la liturgie : Ora et labora et PAX. Oraison : la vie religieuse y est présentée en termes de marche en avant et de progrès, jamais en termes de perfection plus ou moins acquise et statique ; Benoît est un maître de vie spirituelle pour ceux qui apprennent à servir Dieu. Comme fruit de la prière, on demande de ne rien préférer à l'amour de Dieu, pour pouvoir avancer librement sur la voie des commandements, dont le premier est celui de la charité. La lecture des Proverbes (2, 1-9) : ce texte qui a servi d'inspiration à saint Benoît lorsqu'il écrivit le Prologue de sa Règle. Chaque Fondateur a reçu d'en haut une grâce particulière pour telle famille religieuse ; il nous redit donc ce que l'Eglise met sur les lèvres de saint Benoît en ce passage des Proverbes : « Mon fils, accueille mes paroles, garde précieusement mes préceptes. Alors tu comprendras la justice, l'équité, la droiture : seuls sentiers qui mènent au bonheur. » 22 Le grand psaume 33 (34) nous permet admirablement de répondre au texte qu'on vient d'entendre ; jouant sur le nom latin, Benedictus, qui signifie aussi bien Benoît que béni, il nous entraîne à « bénir le Seigneur en tout temps », tous ensemble, en communauté ! Là encore le Fondateur nous parle en disant : « Je t'apprendrai le service du Seigneur ; garde ta langue de tout mal ; recherche la paix et poursuis-la toujours ! » L'Evangile est, au choix, celui de Matthieu 19, 27-29 : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre », ou celui de Jean 15, 1-8 « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron ». Dans le premier texte, ce qui compte n'est pas tant d'avoir tout quitté, mais d'avoir suivi le Christ : c'est ce que Jésus lui-même souligne dans sa réponse à la question de Pierre. Le second texte est l'admirable mystère de la vigne : « Demeurez en moi, vous porterez beaucoup de fruits ». Dans la prière sur les offrandes : on demande spécialement les dons de l'unité et de la paix qu'on trouve lorsque, comme saint Benoît, on ne cherche que le Seigneur. Pour l’antienne de Communion, les Béatitudes ! Prologue de la Règle de saint Benoît Avant tout, demande à Dieu par une instante prière qu’il mène à bonne fin tout bien que tu entreprennes. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n’aura pas sujet, un jour, de s’affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d’employer à son service les biens qu’il a mis en nous, que non seulement il n’ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu’il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire. Levons-nous donc enfin. L’Ecriture nous y invite : L’heure est venue de sortir de notre sommeil. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l’avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd’hui sa voix, n’endurcissez pas votre cœur, et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent. Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C’est moi », Dieu te réplique : Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant même que vous m’invoquiez, je vous dirai : « Me voici ! » Quoi de plus doux, frères, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie. Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres ; sous la conduite de l’Evangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir un jour celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu’on n’y parvient que si l’on y court par de bonnes actions. Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C’est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c’est-à-dire: ils s’honorent mutuellement de leurs prévenances ; ils supporteront très patiemment les infirmités d’autrui, tant celles du corps que celles de l’esprit ; ils s’obéiront à l’envie les uns aux autres ; nul ne recherchera ce qu’il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l’est pour autrui ; Ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle ; ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère ; ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle. 23 HYMNE A SAINT BENOÎT Pour Benoît qui choisit la sagesse, Pour Benoît qui te cherche sans cesse, Béni sois-tu Seigneur ! Pour l’amour embrassant la patience, Le désert où le cœur fait silence, Béni sois-tu, ô notre Père, Une eau vive murmure ton nom ! Pour Benoît que tu mets à l’épreuve, Sa victoire où l’Esprit est à l’œuvre, Béni sois-tu Seigneur ! Pour le faible exaltant ta puissance, Le pécheur qui te garde confiance, Béni sois-tu, ô notre Père, Dans la nuit tu combats avec nous ! Pour Benoît que la paix environne, La douceur habitée par ta force, Béni sois-tu, Seigneur ! Pour la voix qui redit ton message, Le service où rayonne ta grâce Béni sois-tu, ô notre Père L’Evangile prend corps dans tes mains ! Pour Benoît que ta gloire fascine, Son regard qui discerne tes signes, Béni sois-tu, Seigneur ! Pour le pain partagé avec l’hôte, Jésus-Christ honoré dans le pauvre, Béni sois-tu ô notre Père, Notre cœur est en fête pour toi ! Pour Benoît qui rassemble des frères, Et leurs vies façonnées de prière, Béni sois-tu, Seigneur ! Pour l’appel à chanter ta louange, A chanter en présence des anges, Béni sois-tu, ô notre Père, Toi qui viens habiter notre chant ! 24 ANTIENNE D’OUVERTURE Il est béni, celui qui met sa confiance dans le Seigneur, celui dont le Seigneur est l’espérance. GLOIRE A DIEU PRIERE Dieu qui as fait de saint Benoît un maître spirituel pour ceux qui apprennent à te servir, permets, nous t’en prions, que sans rien préférer à ton amour, nous avancions d’un cœur libre sur les chemins de tes commandements. Par Jésus-Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen. LECTURES Lecture du Livre des Proverbes 2, 1-9 Exhortation paternelle du maître de la sagesse Mon fils, accueille mes paroles, garde précieusement mes préceptes, rends ton oreille attentive à la sagesse, incline ton cœur vers la vérité. Oui, si tu demandes le discernement, si tu appelles l’intelligence, si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu. Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; le savoir et l’intelligence sortent de sa bouche. Il tient en réserve son secours pour les hommes droits, il est un bouclier pour ceux qui suivent la bonne route ; il protège les sentiers de la justice, il veille sur le chemin de ses amis. Alors tu comprendras la justice, l’équité, la droiture : les seuls sentiers qui mènent au bonheur. PSAUME RESPONSORIAL (33) Je bénirai le Seigneur toujours et partout ! Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête ! Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge ! Venez, mes fils, écoutez-moi, que je vous enseigne la crainte du Seigneur. Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides. Evite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-là. 25 Alleluia, alleluia ! Heureux les habitants de ta maison, Seigneur, ils te chanteront éternellement. Alleluia ! EVANGILE de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19, 27-29 La récompense de ceux qui ont tout quitté. Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et tout homme qui aura tout quitté à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle. » Ou : Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 1-8 Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. PRIERE SUR LES OFFRANDES Seigneur, regarde avec bienveillance les offrandes que nous te présentons en la fête de saint Benoît : fais qu’à son exemple, en ne cherchant que toi, nous trouvions à ton service les dons de l’unité et de la paix. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. PREFACE Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ, notre Seigneur. En lui, tu as comblé saint Benoît de tes bénédictions, et tu as fait briller sur lui une grande lumière. Il ne voulut rien préférer à l’amour du Christ, et c’est au service de ce vrai Roi qu’il se consacra, lui et ses Fils. Ses miracles l’ont rendu célèbre, et plus encore, sa sainteté ; ainsi tu as fait de lui le maître éminent de la vie monastique. 26 Sous sa conduite, des hommes s’engagent à te chercher vraiment, assidus à la prière, au travail et à l’effort vers le bien, espérant le bonheur que tu leur as préparé au ciel. C’est pourquoi, heureux de proclamer les largesses de ta grâce, nous unissons nos voix à celles des anges et des saints, pour chanter d’une seule voix : ANTIENNE DE LA COMMUNION Heureux les pauvres de cœur : le royaume des cieux est à eux ! Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! PRIERE APRES LA COMMUNION Maintenant que nous avons reçu le gage de la vie éternelle, nous te prions humblement, Seigneur : puissions-nous suivre les enseignements de saint Benoît : être fidèles à te servir dans la prière et avoir pour nos frères une grande charité. Par Jésus...