5 septembre LA VIERGE MARIE, REINE DES APOTRES Mémoire Le 5 septembre 1818, à Saint-Laurent, à la fin d'une retraite à laquelle participaient 16 personnes, sept d'entre elles « posèrent le fondement solennel de la Société de Marie » en émettant les vœux de religion. Il est intéressant de noter que, dès les origines, le Fondateur prévoyait pour la Société une mission universelle, car, faisant allusion à ces premiers engagements, il écrivait quelques jours plus tard à Mgr Jacoupy : « Ce n'est pas l'Institution de Bordeaux, c'est l'Institution religieuse de tous les pays chrétiens dont le berceau s'est formé ». (Lettre N°104) En 1921, la Société avait obtenu de marquer cet anniversaire en y célébrant la fête de Marie Médiatrice. Peu après, cependant, le Père Lebon écrira au nom du Père Hiss : « Ayant découvert dans l'Appendice du Missel nouvellement édité, une Messe de la Vierge sous le titre de Reine des Apôtres, nous ne pouvions vraiment pas nous dispenser d'honorer notre Mère sous ce titre que notre Saint-Père le Pape Benoît XV venait, tout récemment, de recommander à notre piété filiale, dans sa lettre écrite à l'occasion du centenaire de notre Société (1917) ». C'est pourquoi un Rescrit du 15 décembre de la même année indiquait le 31 mai pour la fête de Marie Médiatrice et autorisait de fêter la Reine des Apôtres le 5 septembre, sous le rite double de seconde classe. La fête avait été instituée à la demande de l'Institut des Pallotins et elle devint leur fête patronale en 1891. Selon les normes générales, nous avons donc dû prendre les textes déjà approuvés pour les Pallotins ; mais cela s'est limité aux textes de la Messe. Nous célébrons la Reine des Apôtres seulement sous le rite de Mémoire. Dans la lecture du Livre de Judith, notons : « Elle t'atteindra à la tête ». En effet, dans la première promesse faite à la Femme, dans la Genèse, un même verbe hébreu désigne l'action du serpent et l'action de la descendance de la Femme. En français : « Elle t'atteindra à la tête et tu l'atteindras au talon ». Pour Judith, figure de l'Eglise et de Marie, c'est ce qui s'est passé : elle a atteint Holopherne à la tête. Si la prophétie : « Elle t'atteindra à la tête » (Gen. 3, 15) se réfère à la descendance de la Femme, cela n'annule pas l'interprétation mariale qui en a été faite, car la Femme et sa descendance sont aussi indissolublement unies que la tige et sa fleur ; Marie, la servante, est toujours unie à Jésus-Christ, de l'Annonciation à la victoire définitive de la Croix. Lumen Gentium peut dire : « C'est elle qu'on devine déjà prophétiquement dans la promesse qui est faite à nos premiers parents de la victoire sur le serpent (cf. Gn 3, 15) » (L. G. 55). La seconde Lecture a le mérite de donner un texte qui va plus loin que la citation classique : « Ils participaient fidèlement à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus », pour se continuer avec le récit de ce qui a été visible dans le don du Saint-Esprit : vint, avec le bruit d'un grand vent, un feu qui se partageait en langues et se posait sur chacun des présents : alors, tous, remplis de l'Esprit Saint, se mirent à parler en diverses langues, selon le don de l'Esprit. René Laurentin explique : « Marie est la seule que Luc nomme personnellement avec les Douze, la seule parmi les femmes, ce qui n'est pas sans rappeler : « Tu es bénie entre les femmes ». « Marie est le type de l'Eglise dans sa réceptivité à l'Esprit Saint, qui forme le Christ dans le peuple de Dieu. Ce rôle de prototype, un rapprochement l'impose : Luc, historien de la naissance de l'Eglise en Actes 1-2 est aussi l'évangéliste de la naissance du Christ en Luc 1-2. Il y présente l'Annonciation comme une proto-pentecôte, la Pentecôte de Marie. Les termes qu'il emploie pour caractériser les deux événements sont identiques : Luc 1, 35 L'Esprit Saint viendra sur toi Actes 1, 8 L'Esprit Saint viendra sur vous. Est-ce intentionnel ? Plus profondément, c'est structural : cela tient à la théologie même de Luc. Les deux récits sont traversés par une même dynamique : l'Agent, à la fois transcendant et immanent qu'est l'Esprit Saint, joue le rôle essentiel, au-delà des acteurs visibles, dans les deux récits. Sa venue suscite un même élan : Visitation pour Marie, mission des Apôtres dans les Actes. Dans l'un et l'autre récit, les personnages sortent du lieu clos où s'est réalisée la manifestation de l'Esprit : maison de Marie (Luc 1, 28) et maison de la Pentecôte (Act 1, 13 ; 2, 2). Dans les deux cas, la venue de l'Esprit est suivie d'un témoignage à base de louange : le Magnificat (Luc 1, 46 -56), et l'explosion de louange des disciples affrontant la foule (Act 2, 4 -13). Le Concile Vatican II souligne le rapprochement : dans la Constitution sur l'Eglise (LG n°59) et le Décret sur les Missions (AG n°4). Marie est le prototype de l'Eglise dans sa relation nouvelle à l'Esprit Saint pour l'intériorisation du Christ et sa naissance dans le monde. Marie, objet par excellence de la faveur de Dieu (cf. kécharitoménè, Lc 1, 28), et placée, la première, sous la mouvance de l'Esprit (Lc 1, 35), est donc aussi type de la réception de l'Esprit, à 31 *** l'intérieur de la toute première communauté ecclésiale. Ici encore, Vierge des commencements. » (Pentecôtisme chez les Catholiques, p. 244 et ss.). Le titre de Reine des Apôtres lui convient donc parfaitement. Psaume Responsorial. Le Répons, tiré du verset 5 du psaume 23, où il s'applique au Juste en général, est ici dit de Marie. Le psaume lui-même célèbre le salut universel et l'annonce de ce salut, ce qui est proprement l'objet du message apostolique. Le chant pour la procession d'Evangile, donne un sens plénier à la scène qui va être évoquée : Marie au pied de la Croix ; comme son Fils en Croix, elle est déjà triomphante, glorieuse. C'est le mystère pascal en raccourci. L'Evangile de la Vierge au pied de la Croix, avec le message de Jésus, a été lu le 5 septembre 1818, lors de la première profession marianiste. Il est, depuis, l’Evangile de la profession marianiste, toujours et partout. La Préface souligne le dessein de salut de Dieu et le rôle de Marie en deux circonstances de l’histoire du salut : la Visitation et la prière de Marie au milieu des Apôtres avant la Pentecôte. L’Esprit les rendra capables de porter le salut de Jésus-Christ à toutes les nations. *** CHANT K 229 Rassemblés avec Marie, ta Mère, Nous te prions, Seigneur Jésus : donne-nous ton Esprit ! 1 Donne-nous ton Esprit, donne-nous ta lumière, donne-nous ta vérité. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 2 Donne-nous ton Esprit, donne-nous ta sagesse, pour marcher en ton amour. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 3 Donne-nous ton Esprit, Donne-nous l’espérance, que la foi brille en nos cœurs. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 4 Donne-nous ton Esprit, Comble-nous de ta grâce, remplis-nous de ton amour. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 5 Donne-nous ton Esprit, Donne-nous le courage, apprends-nous à mieux servir. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 6 Donne-nous ton Esprit, Sanctifie ton Eglise, viens prier en notre cœur. - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 7 Donne-nous ton Esprit, Qui guérit nos blessures, et pardonne nos péchés. - Donne-nous un cœur grand comme le monde 8 Donne-nous ton Esprit, Ouvre-nous le Royaume, au jour où tu viendras - Donne-nous un cœur grand comme le monde. 32 ANTIENNE D’OUVERTURE D’un seul cœur, les Apôtres participaient fidèlement à la prière, avec Marie, la mère de Jésus. PRIERE Dieu qui as envoyé l’Esprit Saint sur les Apôtres quand ils étaient en prière avec Marie, la mère de Jésus ; donne-nous, par son intercession, de savoir te servir avec fidélité et de travailler par la parole et par l’exemple au rayonnement de ta gloire. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen. LECTURES au choix : Lecture du Livre de Judith 13,17-20 « Tu l’atteindras à la tête. » « Béni sois-tu, Ô notre Dieu toi qui, en ce jour, as anéanti les ennemis de ton peuple ! Et bénie sois-tu, ma fille, par le Dieu Très-Haut, entre toutes les femmes de la terre. Béni soit le Seigneur Dieu. Créateur du ciel et de la terre, qui t’a conduite pour trancher la tête du chef de nos ennemis ! Jamais l’espérance dont tu as fait preuve ne s’effacera du souvenir des hommes, mais ils se rappelleront éternellement la puissance de Dieu. Que Dieu t’exalte pour toujours et qu’il te récompense parce que tu as risqué ta propre vie pour la cause de notre nation humiliée, et tu es intervenue pour empêcher notre ruine, en agissant résolument sous le regard de notre Dieu. » Tout le peuple répondit : « Amen ! Amen ! Ou : Lecture des Actes des Apôtres 1, 12-14 ; 2,1-4 Les Apôtres après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des oliviers à Jérusalem qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat) Arrivés dans la ville, ils montèrent à l’étage de la maison ; c’est là qu’ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. 33 Marie avec les Apôtres à la Pentecôte PSAUME RESPONSORIAL (95) Marie obtint bénédiction du Sauveur et justice du Dieu son Sauveur. Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations, ses merveilles ! Rendez au Seigneur, famille des peuples, rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom ! Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : tremblez devant lui, terre entière. Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Alleluia ! alleluia ! Debout près de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ se tenait la Vierge Marie, reine du ciel et souveraine du monde. Alleluia EVANGILE de Jésus-Christ selon saint Jean 19, 25-27 « Voici ton Fils ! Voilà ta mère ! » Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Jésus, voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. PRIERE SUR LES OFFRANDES A la prière de la Reine des Apôtres, Seigneur, que cette offrande nous obtienne de ta bienveillance de voir l’Eglise augmenter en nombre et croître en sainteté. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. – Amen. PREFACE Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ, notre Seigneur. Et nous voulons le bénir en faisant mémoire de la Vierge Marie, reine des Apôtres, car elle les a précédés dans l’annonce du Christ. Guidée par l’Esprit Saint, elle s’est hâtée d’apporter le Christ à son précurseur, et sa venue a rempli Jean de sainteté et de joie. Poussés par le même Esprit, Pierre et les autres Apôtres n’ont pas craint d’annoncer à tous les peuples l’Evangile, la bonne nouvelle du salut de la vie. Et maintenant encore, les messagers de l’Evangile sont entraînés 34 par l’exemple de Marie, soutenus par sa charité et aidés par sa prière incessante, dans l’annonce du Christ Sauveur à tous le peuples. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire, et sans fin nous proclamons : ANTIENNE DE LA COMMUNION Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom ! PRIERE APRES LA COMMUNION Après avoir participé au sacrement qui nous sauve, en cette fête de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, nous te prions, Seigneur : que ton peuple avance toujours sur le chemin du salut, dans l’obéissance à ta volonté et dans la persévérance au service des hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.